Bonjour France , tout d’abord j’espère que tu

Bonjour France ,
tout d’abord j’espère que tu ne m’en veux pas pour le temps que j’ai mis à te répondre (je suis parti à la campagne puis ai été très pris pour courir après les cachets et refaire mon satut).
Alors, tout d’abord : je ne suis pas triste ( bon, sensible je sais pas ). Je suis souvent désespéré par ce que je vois autour de moi ou bien par la façon dont mon pays évolue et qui me rend sûr à cent pour cent qu’un jour je le quitterai. En fait je suis assez pessimiste, mais pas triste (Jean-Louis Trintignant, lui, disait bien avant la mort de sa fille qu’il n’était pas triste mais déseperé). J’ai toujours au fond de moi une envie de prendre les choses à bras le corps , de déplacer des montagnes , de réussir dans ce que j’entreprends. Et d’être heureux. Par exemple, je pense encore pouvoir devenir un grand chanteur-auteur -compositeur et acteur de 1er ordre à la carure internationale *.
Rien que ça.
(*je commence bientôt un stage d’interprétation tout en anglais après avoir validé mes modules et obtenu , je pense , les meilleures notations de mon groupe, que des A et un B+).

Parallèlement, je veux poser mes essaims au mois de juin de cette année. J’ai demandé et obtenu de la chambre d’agriculture et d’autres organismes tel que le Groupement de Défense Sanitaire de Bourgogne un numéro d’apiculteur ainsi qu’une immatriculation me permettant à terme de vendre du miel (si j’en ai, car je suis un débutant et les risques sont grands que je fasse des erreurs ou bien qu’on me vole ou vandalise les ruches. En plus , je sais même pas si je suis allergique ou pas. Mais ça ce n’est pas grave car j’ai désormais des seringues d’adrénaline à m’auto-injecter en cas de choc anaphylactique).
Si je me rends souvent dans mon champs , ce n’est donc pas pour fuire Paris et une réalité qui serait par trop “sordide” mais plutôt parce que j’ai toujours eu et voulu garder une activité en lien avec le monde de la terre. Et ce que je pressentais depuis si longtemps m’est maintenant aparu comme une évidence : quoiqu’il advienne dans ma vie artistique (échec ou réussite ) le travail en lien avec l’agriculture (pour l’instant apiculture et arboriculture fruitière ) va se développer. Tout d’abord de façon amateure puis en essayant de professionnaliser l’activité ( pour cela il me faudrait être capable de “conduire” correctement un rucher d’ici deux ans).
Donc , pour résumer :
– si je réussis avec mes chansons et/ou comme comédien , je garde néanmoins une deuxième activité , agricole.
-si j’échoue, cette deuxième activité deviendra la principale.
– la réussité de l’une ou l’autre de ces deux activités, ou bien plutôt comme je l’espère , la réussite dans l’une et dans l’autre, rendront possible un éventuel départ de France pour l’Amérique de nord.

Et pour parvenir à tout cela il faut de l’envie , et surtout , la rigueur nécessaire.
Surtout quand on n’a plus vingt ans, comme c’est mon cas.
Le temps passe, le temps presse.
Je ne peux plus me permettre de différer ou de mener une vie de Patachon.
Il y a deux ans , avant de partit au Québec, j’étais supposé aller voir mon ami musicien qui a un studio . Il m’avait proposé son aide, c’était prévu pour juin ; mais j’ai eu peur , peur qu’il trouve mes morceaux mauvais. Du coup je n’y suis pas allé ; et quand je me suis envolé pour Montréal, un terrible sentiment était devenu mon compagnon de voyage. Celui d’avoir failli : failli à ce qu’il y avait de plus important à mes yeux. Un terrible sentiment d’échec, de non-achèvement, d’inaccompli me cernait. Et j’étais je pense durant ce séjour plus que sombre ( Sauf au cours d’une nuit à Tadoussac et lors des moments que j’ai pu passer avec vous : à la maison, pendant le déménagement, le soir avec toi ou les enfants, au chalet, autour de la table , durant cette soirée où l’on a mangé les blés d’inde).
En tout cas , ce voyage m’a laissé des souvenirs très forts. Il m’a aussi permis d’écrire une chanson que j’aime beaucoup (mais sans doute casse-gueule à interpréter) retraçant ce périple de façon enfiévrée. Et c’est là que je voulais en venir, car dans cette chanson je fais allusion à mon séjour à Québec et à ceux qui m’ y on accueilli (reccueilli ?).
Nous avons donc déjà , quelque part, collaboré.
Et pourquoi pas , à terme, travailler ensemble sur des morceaux ?
En fait , je ne pense pas avoir assez de temps pour avoir une relation épistolaire qui soit à la fois régulière, suffisamment bien écrite (je parle pour moi) et digne d’intérêt (je parle encore pour moi).
Et en même temps, je me suis rendu compte qu’avec de vrais amis on partage parfois beaucoup plus dans la création ou dans un projet commun , qu’autour d’une table à boire un café.

Donc , chansonnons ensemble (par exemple) , d’ici quelques temps lorsque j’aurais bouclé mes douze premières chansons.
Quid , ma chère France ?
Je t’embrasse , toi et les tiens,
Nicolas

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